Nous poursuivons notre découverte de Bornéo : nous voilà dans l’état du Sabah.

Tout commence bien, puisque nous atterrissons à Kota Kinabalu à bord d’un avion privatisé depuis Mulu. Nous sommes seulement deux à bord et avons le droit à des snacks en rab et à un petit message personnalisé du commandant de bord, la classe !

Si vous avez manqué le premier volet sur Bornéo, c’est ici : L’incroyable Bornéo : dans la jungle du Sarawak

🎬 Petite vidéo à la fin de l’article 😉

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Kota Kinabalu

C’est la capitale de l’état du Sabah, qui se trouve au nord de Bornéo. Une grande ville, assez déroutante et pas très charmante, mais nous y sommes retourné à la fin de notre séjour et avons su l’apprécier.

La vue du coucher de soleil depuis le front de mer est effectivement pas mal :

Il y a de nombreux marchés à KK (son surnom), tous très animés. L’ambiance le soir avec un ciel orange vif, la fumée des grillades et l’appel à la prière nous a vraiment charmée.

Niveau fruits, nous nous sommes régalés : mangue, ananas, pastèque, papaye, banane… Nous avons aussi testé le durian, un fruit interdit dans de nombreux établissements à cause de son odeur particulière, et surtout très forte. Il est même vendu à l’écart du marché ! L’aspect n’est pas terrible, et son goût ? Nous préférons laisser planer le doute…

La religion d’État est l’islam, à l’image de la Malaisie continentale. Et la mixité ethnique est toujours omniprésente : chinois, malais, indiens, philippins. Les restaurants et stands de rue de KK sont alors variés, un plaisir pour nos papilles. Nous vous recommandons d’y manger des produits de la mer et des pâtisseries.

En parlant de nourriture, la spécialité de Bornéo, c’est le Laksa : une soupe de nouilles épicées, avec quelques crevettes.

Aux abords des marchés, il y a aussi des couturiers, pratique !

Promenons-nous dans les bois…

À la suite d’un interminable trajet en bus depuis Kota Kinabalu (8-9h à cause de la mousson qui a rendue impraticable la route principale), nous faisons étape à Sandakan, une ville sur la côte nord-est. L’ambiance y est plus paisible qu’à KK et les hébergements plus accueillants, mais pas grand chose à y faire. Nous partons alors pour de nouvelles aventures dans la nature, avec une petite randonnée à proximité de la ville. Objectif : traverser le mont Cecily.

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Nous débutons notre marche depuis le temple bouddhiste Hong San Tze (l’accès au sentier se trouve bien caché entre une maison et un temple en construction). Le GPS est nécessaire, aucun marquage et une multitude de sentiers.

La randonnée n’est finalement pas si simple, mais ça tombe très bien, nous étions en manque de sport. Ça grimpe raide, il faut souvent se hisser à l’aide de cordes, racines ou lianes. Nous fatiguons vite, il fait tellement chaud. La pluie qui vient de s’inviter ne nous rafraîchie pas suffisamment.

Nous rencontrons des macaques assez timides, des écureuils et un beau scarabée.

Le sommet de la colline nous offre une vue sur une partie de la ville, avec une jolie aire de repos : balançoire, hamacs et même un arbre de noël assez kitsch.

Les 2,5 derniers kilomètres se font sur une petite route, en dehors de la forêt, afin d’arriver dans le quartier chinois de Sandakan. C’est pleins de boue et trempés que nous rentrons dans un restaurant chinois repéré au préalable, l’endroit est chic, tant pis pour notre accoutrement, nous avons trop faim !

Un peu d’eau fraîche et de verdure

Nous voici maintenant au Rainforest Discovery Center, c’est un parc national à Sepilok, pas très loin de Sandakan. La forêt y est bien plus dense et haute que lors de notre randonnée précédente.

L’intérêt de ce parc réside dans ses tours reliées par une passerelle, idéales pour l’observation d’oiseaux dans la canopée. Et ça n’a pas loupé puisque nous avons vu un bel oiseau vert, un barbu.

Ainsi qu’un joli gobe-mouche bleu qui dormait paisiblement sur sa branche, à la nuit tombée.

Hormis quelques insectes et lézards la première journée, nous n’avons pas observé beaucoup de faune, alors notre imagination a pris le relais.

La deuxième journée était plus trépidante, nous avons vu de nombreux écureuils, dont celui-ci, énorme avec de grosses pattes :

Un varan qui ne voulait pas tellement être photographié :

Et d’amusantes araignées :

Ce parc ne nous a pas autant enthousiasmé que ceux de Bako et Mulu. Il est assez petit, s’y balader à la journée est suffisant. Juste à côté, il y a un centre de réhabilitation pour les orangs-outans. Ayant déjà fait Semmenggoh, nous n’y sommes pas allés ; d’autant plus qu’il semblerait que ce centre s’apparente plus à un zoo.

À la recherche de Zazu !

Après 2 heures de minibus, nous arrivons à Sukau, un petit village sur les berges de la rivière Kinabatangan. Il est possible d’y faire des petites excursions en bateau afin de rencontrer de nombreux animaux.

Nous dormons dans un petit cottage, l’endroit est paisible et mignon, même si nous arrivons sous une bonne pluie tropicale qui semble ne pas vouloir s’arrêter.

Nous partons à l’aube pour notre première balade sur la rivière. La pluie a enfin cessée, laissant place à un épais brouillard.

Nous sommes seuls à bord, avec les deux guides de notre lodge, un luxe.

Ça commence fort, à peine partis, nous voilà face à des singes nasiques, des femelles et leurs enfants, occupés à manger les jeunes pousses des arbres bordant la rivière, adorables. C’est bon, nous sommes bien réveillés !

De nombreux calaos traversent la rivière, ils sont assez hauts, difficile de bien les voir. Mais un peu plus loin, un monsieur et sa dame sont tranquillement installés sur la cime d’un arbre (calao pie).

Depuis le temps que nous le cherchons, enfin nous le voyons notre Zazu (le tonton de Simba 😉) ! Cela fait trois semaines que nous essayons d’en voir, et c’est bien plus facile quand ils traversent la rivière qu’en pleine jungle.

D’autres singes nasiques se promènent, ce sont des mâles, mais ils se cachent rapidement.

Des aigles prennent le relais du spectacle (milan sacré), ils pêchent et tourbillonnent dans les airs.

Sur la route du village, nous rencontrons des petits macaques en train de chaparder les fruits d’un palmier à huile.

Ils font les fous et se roulent sur les branches, la chute n’est jamais bien loin…

La seconde balade en bateau nous fait rencontrer de nombreux macaques, nous retiendrons ce joli quintet bien occupé et complètement désintéressé du bateau qui approche : deux mamans qui allaitent, l’une cherche les poux de l’autre, et un troisième bébé qui semble en pleine réflexion.

La promenade se poursuit malgré une belle averse, de nouveaux calaos se montrent, mais ils sont vite détrônés par leurs cousins : trois calaos au bec orange – les plus gros des calaos – qui s’alimentent d’arbres en arbres, majestueux (calao rhinocéros) !

La nuit commence à tomber, la visibilité baisse mais les animaux se montrent de plus en plus. Des singes nasiques, des mâles cette fois-ci, sont en train de préparer leurs nids pour la nuit. Ils nous font toujours autant rire.

Puis nous voyons de loin des singes feuille d’argent (semnopithèque) ; un martin-pêcheur orange et bleu qui pêche mais il passe trop rapidement pour que nous puissions déclencher ; ainsi qu’une gigantesque chauve-souris.

C’est sous un ciel étoilé que nous embarquons pour le troisième et dernier safari sur le Kinabatangan.

La nuit nous plonge dans une toute autre ambiance, il y a de nombreuses lucioles lumineuses, et une multitude d’oiseaux endormis ou en train de chasser.

Nous voyons de nouveau un martin-pêcheur (kingfisher en anglais, c’est plus classe), mais cette fois-ci, c’est dans la boîte :

Puis un plus petit, tout aussi beau :

Il y a aussi de nombreuses chouettes, qui ne semblent pas toujours très commodes.

Et de tous petits oiseaux rouges au bec vert, endormis et blottis les uns contre les autres.

Ce sera tout pour notre reportage animalier 😉. Nous n’avons malheureusement pas eu la chance de voir d’éléphants pygmées ni de crocodiles, c’est difficile en saison des pluies.

Vous vous demandez sûrement pourquoi la vie animale est si riche au bord de ce fleuve ❓

C’est tout d’abord un endroit bien dégagé où il est facile de les observer, dans le ciel et sur la cime des arbres. Il est aussi facile pour la faune de s’y nourrir : la végétation est riche et les pêcheurs sont ravis.

La deuxième raison, c’est que les rives du fleuve sont protégés. De quoi ? Des plantations de palmiers à huiles. Et oui, la région est remplie de cette mono-culture, et les deux heures de route pour arriver à Sukau font un peu mal au cœur.

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Reparlons un peu de l’huile de palme : comme l’expliquait la vidéo que nous vous conseillions dans l’article précèdent, l’Europe est le troisième importateur d’huile de palme. Chose surprenante, ce n’est pas seulement la faute du Nutella – souvent montré du doigt – mais aussi et surtout des biocarburants. En effet, 75% de l’huile de palme consommée en France est utilisée pour les biocarburants (qui n’ont de « bio » que le nom, et qui bénéficient d’un régime fiscal favorable). À ce propos, Total a ouvert cet été une nouvelle « bioraffinerie », qui devrait accélérer les importations de cette huile et aggraver la déforestation à Bornéo 👏.

Il est difficile pour nous de pointer du doigt la Malaisie pour la culture de palme, du fait que les Européens consomment de plus en plus de cette huile, et qu’elle est très importante pour l’économie du pays. D’autant plus qu’en Europe, il n’existe quasi plus de forêt primaire, et que les paysages sont largement remodelés aux besoins de l’agriculture, et ce depuis longtemps. Difficile de donner des leçons dans ce contexte…

Une chose est sûre, le tourisme est un vrai levier pour la protection de ces forêts et de cette incroyable biodiversité, mais ça ne va probablement pas suffire.

Némo, te voilà

En face de Kota Kinabalu, cinq îles sont visibles, elles font parties du parc marin Tunku Abdul Rahman. Il est possible de s’arrêter sur plusieurs îles la même journée ou bien de séjourner dans un hôtel de luxe. Une autre option nous correspond mieux : le camping. C’est notre tente qui va être contente, cela fait deux mois qu’elle se morfond dans le sac ! Mais va t-on réussir à passer entre les averses tropicales, rien n’est moins sûr…

Nous jetons notre dévolu sur l’île Mamutik, petite, et avec un abris si la pluie pointe le bout de son nez.

À peine 20 minutes de bateau et nous voilà sur l’île. Il y a plein de chapiteaux pour accueillir les tours organisés, et un petit restaurant. Nous faisons comme tout le monde, le gilet de sauvetage et la tenue de bain intégrale en moins : direction l’eau. C’est une belle après-midi snorkeling, les fonds marins sont superbes. Nous retiendrons principalement les nombreux poissons clowns, de toutes les tailles et de différentes couleurs. C’est l’un des endroits où l’on peut voir le plus de variétés de cette espèce.

🐠 Les Némos sont dans la vidéo à la fin de l’article

La météo se gâte, l’île se vide, nous nous retrouvons seuls, enfin presque :

Nous n’avons malheureusement pas dormi sur la plage, en entendant le clapotis de l’eau, mais plutôt à l’abris de la pluie, avec le bruit du groupe électrogène. Pourquoi fonctionne-t-il toute la nuit alors qu’il n’y quasi plus personne sur l’île ? Mystère…

Nous sommes tout de même contents, puisque le beau temps est de retour, nous nous levons de bonne heure pour en profiter. L’île est à nous !

Se baigner dans la mer un 24 décembre, c’est plutôt chouette…

Éclipse solaire partielle

Coup de chance, au moment où nous sommes à Kota Kinabalu, à la fin de notre séjour, nous apprenons qu’une éclipse solaire va être visible en Asie du sud-est. En se renseignant un peu plus, nous apprenons que l’éclipse est partielle, et qu’un anneau de feu est visible depuis certaines villes. KK n’en fait pas parti, mais n’est pas très loin, l’éclipse devrait être assez spectaculaire tout de même. La météo étant assez instable, nous croisons les doigts pour qu’à 14h le ciel soit dégagé. Et ça a payé :

Nous n’avions pas de lunettes pour observer l’éclipse, donc nous avons fait un petit sténopé – trou d’aiguille dans une feuille – pour projeter l’image sur une autre feuille. Pour les photos, nous avons improvisé un filtre en utilisant les fenêtres teintées d’un restaurant, ça ne rend pas si mal avec les moyens du bord !

Petit point transport

Car il est difficile de trouver des informations sur la toile…

🚖 Il y a peu de bus dans les villes, téléchargez l’application Grab : le Uber en Asie, c’est vraiment bon marché, et il n’y a pas de mauvaises surprise avec le prix.

🚌 Les bus :

  • Bus Kota Kinabalu (gare Inamam) – Sandakan (gare Bandar Letat Jaya), durée de 8 heures, 43 RM. Les 2 stations de bus sont éloignées du centre ville, il faut alors prendre un grab. Départs réguliers toutes les 1 à 2 heures.
  • Bus Sandakan – Sepilok, bus n°14, à 9 heures et retour vers 15 heures, durée de 45 minutes, 6 RM, il part de la minibus station.
  • Navette Sandakan – Sukau, départ vers 12 heures, demandez à votre hôtel de le réserver pour vous, prise en charge et dépose aux hôtels, durée de 2 heures, 50RM. Il y aurait aussi l’option de prendre un bus jusqu’au point kilométrique « batu 32 » puis de prendre une navette à cette jonction.
  • Bus Kuching – Bako village, bus rouge « Bako », départ toutes les heures, dernier retour à 17 heures, durée d’1 heure, 5 RM, il part du « Bako shuttle bus stop » dans le centre ville.
  • A Kota Kinabalu, il y a une station de mini bus à proximité de l’airport bus station, ils desservent de nombreuses villes.

🛳️ Les bateaux :

  • Bako village – Bako parc : 40 RM/p aller-retour.
  • Kota Kinabalu – îles du parc marin Tunku Abdul Rahman : 31 RM/p aller-retour, il faut ajouter 10RM par île supplémentaire.

Le pays du backpacker tour organisé

Bornéo accueille de nombreux touristes venant d’Asie, des Chinois et Coréens principalement. De grands consommateurs de tours organisés, tours qui coûtent assez cher.

Organiser son voyage comme nous en avons l’habitude est alors un peu difficile, les seules informations sur internet sont celles des agences de voyage, très peu de blogs. La langue ne sera par contre pas un frein, l’anglais est bien maîtrisé malgré la multitude de dialectes existants.

Pour visiter les parcs de Mulu, Bako et îles de Kota Kinabalu, passer par une agence ne sert à rien. Mais pour la rivière Kinabatangan, c’est peut-être plus simple de réserver un package, par le biais de son hôtel.

Il y a beaucoup de parcs protégés et d’îles dans le Sabah, mais les hébergements y sont luxueux, et souvent uniquement par réservation en agence.

Bref, il y a beaucoup d’hôtels et auberges de jeunesse avec le terme Backpacker dans leur nom, mais très peu de backpackers sur Bornéo !

Bornéo, en deux minutes

Nous espérions observer de nombreux animaux, et c’est réussi ! Bornéo regorge de parcs et réserves naturelles, assez diversifiés :

  • Le parc de Bako, isolé sur une péninsule, pour randonner et dormir entourés de créatures
  • Les acrobaties des orangs-outans à Semmenggoh
  • Mulu, pour ses grottes fascinantes et son paradis vert au milieu de rien
  • Les oiseaux du Rainforest Discovery Center
  • La rivière Kinabatangan  et ses innombrables animaux
  • Le parc marin Tunku Abdul Rahman et ses îles

Il y a une quantité d’autres parcs, mais moins accessibles sans agences de voyage et financièrement. Si nous n’étions pas en tour du monde, nous aurions un budget moins raisonnable et aurions ajouté à notre voyage sur Bornéo le parc du mont Kinabalu (le plus haut sommet d’Asie du sud-est), ainsi qu’une excursion aquatique pour les riches coraux et la vie aquatique de Sidapan.

En parlant d’argent, ici, le prix est le prix, pas d’arnaques ni négociations. Le coût de la vie est assez bas sur Bornéo : une chambre d’hôtel basique pour deux vaut dans les 15€ ; et nous dépensions quotidiennement 15€ pour s’alimenter à deux. Le budget alloué aux excursions a par contre vite gonflé : le coût d’une entrée dans un parc est entre 3 et 6€/p ; mais une sortie bateau ou une visite dans une grotte est plutôt à 15€/p. Un trek de plusieurs jours n’était pas à l’ordre du jour pour nous : 100 à 300€…

Hormis Kuching, nous ne vous conseillons pas particulièrement de passer du temps dans les grandes villes de Bornéo. Ou bien, juste histoire de vous reposer une nuit car il faut du temps pour se déplacer sur Bornéo. La majorité des touristes utilisent les vols internes, il y a de nombreux aéroports.

Donc, Bornéo, nous avons adoré 🙂