Nous voici maintenant au nord de la quatrième plus grosse île du monde – Bornéo – en Malaisie ! L’île est partagée avec l’Indonésie au sud et le sultanat de Brunei, un tout petit territoire au nord.

Ce que nous venons y découvrir ?

Ses grandes forêts tropicales, où la canopée peut atteindre 60 mètres de haut ! Et bien sûr, sa faune, qui serait l’une des plus riches du monde. Cette île abrite des espèces incroyables, puisqu’elles ont dû s’adapter à leur territoire équatorial et insulaire, isolées du continent depuis la dernière période glaciaire. Un véritable théâtre d’observation de l’évolution. Des animaux miniatures, des insectes géants, et même des mammifères volants.

C’est donc parti pour un mois de découvertes sur Bornéo…

🎬 Petite vidéo à la fin de l’article 😉

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Kuching : la capitale féline

À la suite d’un court séjour à Singapour, nous atterrissons à Kuching. C’est la capitale du Sarawak, l’un des deux états de la Malaisie orientale.

C’est une grande agglomération ; la rivière Sarawak traverse le centre ville, c’est relax. Il y a de nombreux édifices religieux, pour toutes les communautés qui s’y côtoient.

La nourriture est alors variée et plus internationale. Nous avons d’ailleurs trouvé un restaurant indien qui fait les meilleurs naans au fromage du monde 😄.

On ne vous a pas encore dit : il fait chaud, vraiment vraiment chaud, 32°C en moyenne ! Et c’est très humide. C’est d’ailleurs la saison des pluies 🌧️ ; décembre est censé être le mois le plus pluvieux de la période de mousson, mais il pleut beaucoup toute l’année à Bornéo.

La réserve naturelle de Semenggoh

Nous sommes au pays des orangs-outans, mais comme vous le savez probablement, ces primates sont en danger d’extinction croissant à cause des activités humaines.

Oui, Bornéo voit ses forêts diminuer dangereusement, principalement pour la production de l’huile de palme. L’économie de la Malaisie repose principalement sur cette agriculture. Impossible de ne pas en consommer, il y en a dans tous les plats ici…

Pour en savoir davantage sur ce problème de déforestation à Bornéo, nous vous conseillons cette petite vidéo de 10min : https://youtu.be/BHePrEpuiVw

Le Sarawak protège tout de même 12% de ses forêts primaires, et ce depuis bien longtemps, les premiers parcs ont plus de 60 ans.

Revenons aux orangs-outans… Si les bébés ne sont pas avec leur mère durant leurs 7 premières années, leur taux de survie s’amenuise considérablement. Le centre de réhabilitation Semenggoh prend alors soin des orphelins, puis les aide à retrouver une autonomie.

C’est un parc de 7km² où les orangs-outans vivent en liberté dans leur milieu naturel. Les touristes n’ont accès au parc que 2 heures par jour, lorsqu’ils mettent à disposition de la nourriture pour les orangs-outans qui n’auraient pas trouvé suffisamment de fruits dans la forêt. Nous sommes en pleine saison des fruits, ils ne viennent pas toujours nous prévient le ranger…

Mais aujourd’hui, les gourmands semblent choisir la facilité : nous en voyons 7, dont 2 mères avec leurs bébés.

Et aussi, un mâle dominant. Il est reconnaissable grâce à ses larges disques faciaux, et son cou déformé qui permet des vocalises impressionnantes. Il est bien plus imposant que ses comparses.

Deux jours dans le parc national de Bako

Le parc national de Bako, seulement accessible par bateau, est réputé pour sa forêt luxuriante, sa faune et sa flore, mais aussi pour être l’habitat de singes endémiques de Bornéo : les singes nasiques, ceux qui ont un nez rigolo !

Il y a de nombreux sentiers de randonnée et il est possible d’y passer la nuit. Étant en basse saison, nous avons réussit à réserver une nuit en dortoir seulement une semaine à l’avance, mais en haute saison, il faut s’y prendre bien plus tôt.

Journée 1/2

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L’arrivée en bateau est sportive, la mer est agitée mais le pilote assure, et la petite embarcation est solide. Il nous dépose sur une plage, enfin presque car la descente se fait dans l’eau, mais le pilote nous rassure : pas de crocodile en vue !

De drôles de sangliers moustachus nous accueillent :

Déjeuner à la cafétéria du parc, puis nous découvrons notre dortoir, assez rudimentaire, mais peu importe : nous entendons du bruit dans les arbres, c’est un singe nasique qui saute d’arbre en arbre, il s’en va rapidement…

Nous partons randonner dans la jungle, en combinant plusieurs circuits car les sentiers sont assez courts. Ils mènent à plusieurs belvédères sur les extrémités de la péninsule.

Tout est très humide dans la forêt, l’eau ruisselle sur le sol, créant de petites rivières très colorées.

Nous rencontrons des gros lézards, beaucoup d’insectes, et d’élégantes plantes carnivores.

Le sol étant pauvre en nutriment, ces plantes ont trouvé une astuce formidable pour pallier à ce manque ! Gorgées d’un liquide sucré, elles piègent les insectes lorsqu’ils viennent se rassasier, et les digèrent pour extraire ce dont elles ont besoin. Certaines, suffisamment grosses, profitent même des déjections de petits mammifères venant se nourrir.

Nous observons ce spectacle de la nature, un énorme frelon a failli se faire avoir !

Encore plus étonnant : un Bernard l’Hermite en pleine jungle !

La nuit tombe, les singes s’amusent autour du camp, ils sont nombreux.

Malgré la pluie, nous partons pour une marche nocturne avec un guide. Nous voyons d’énormes mille-pattes, araignées, une vipère minuscule mais très dangereuse ainsi que de nombreuses grenouilles qui chantent.

Journée 2/2

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Il a plu toute la nuit, nous sommes heureux d’avoir eu un toit (il y a un camping, mais personne n’y campe en période de mousson).

Un macaque tente de dérober le petit déjeuner de Baptiste, en lui sautant carrément dessus, mais un employé du parc lui donne un bon coup de casquette, le repas est sauf !

C’est reparti pour une boucle dans la forêt, encore plus humide que la veille.

Au bout de quelques kilomètres, nous entendons du bruit venant de la cime des arbres, et voyons toute une famille de singes nasiques, les voilà enfin ! Nous passons un bon moment à les observer.

Ils sont sacrément drôles avec ce nez, et leur ventre proéminent. Leur nez peut mesurer jusqu’à 17 centimètres. Plus le primate est âgé, plus son appendice nasal est long. La séduction se fait grâce à la longueur du nez et la taille du ventre…

Nous poursuivons, les chaussures sont trempées à cause du chemin, et nous aussi, il fait toujours aussi chaud. L’humidité et la chaleur rendent la rando très vite fatigante. Voici une nouvelle plante carnivore, plus grosse et gorgée d’eau.

Il est presque l’heure de repartir du parc mais nous partons à la recherche d’un serpent. Nous avons de la chance, la vipère de la marche nocturne est au même endroit – elle chasse sans trop se déplacer – plus pratique pour de belles photos. Mais attention, c’est le serpent venimeux le plus dangereux au monde après le cobra royal, même s’il n’est pas très agressif. Les deux petits trous sur ses joues lui permettent de détecter des changements de température de 0,3°C, pratiques pour chasser de nuit.

Petit souvenir de notre rencontre avec un serpent à sonnette au Canada : À la découverte de la péninsule de Bruce : trek de 6 jours.

La forêt primaire de Mulu

Mulu est un parc naturel protégé, l’un des plus réputés de Bornéo : sa forêt et ses montagnes sont classées au patrimoine mondial de l’UNESCO. L’endroit est uniquement accessible par avion (certains disent qu’il est possible d’y accéder en prenant plusieurs bateaux depuis Miri, en remontant la rivière, mais nous n’avons trouvé aucune info à ce sujet). C’est à bord d’un petit avion quasiment vide (du fait de la basse saison probablement) que nous atterrissons à Mulu, avec son tout petit village isolé au centre de Bornéo. La vue depuis le hublot est à couper le souffle, idem depuis la homestay :

Il y a plusieurs sentiers à travers la jungle, les randonnées sont simples et souvent aménagées, mais nous avons tout de même parcouru 40 kilomètres en 4 journées.

Au gré des ballades, de jour comme de nuit, nous observons de multiples insectes.

Souvent disproportionnés et flippants :

Ou bien plutôt mignons :

Certains sont de vrais professionnels du camouflage :

Ceux-là ne semblent pas faire trop d’efforts pour se cacher :

Et puis, il y a ceux qui se laissent aller l’espace d’un instant 

La renommée du parc tient aussi de ces nombreuses galeries dans les montagnes : certaines grottes font partie des plus spectaculaires au monde.

Les premières que nous explorons sont accessibles par pirogue, avec un guide du parc. La promenade sur la rivière Melinau est très agréable.

Nous nous arrêtons dans le village d’anciens nomades : les Penan.

Ils chassaient (chassent ?) à la sarbacane.

Les grottes sont spectaculaires, immenses, avec de très belles formations calcaires. Nous apprécions vraiment la visite, même si c’est moins marrant que notre traversée de grotte au Vietnam : Randonnée de 4 jours dans la région de Cao Bang (nord-est du Vietnam).

L’une est caractérisée par la traversée d’une rivière tout du long (Clearwater cave) et l’autre par la présence d’un courant d’air (cave of the winds). Mulu possède le plus grand système de grottes interconnectées au monde : plus de 200km de galeries.

La nouvelle grotte que nous visitons est gigantesque.

Nous la traversons, de l’autre côté se trouve le Garden of Eden : une bassine dans la montagne créée par l’effondrement d’une partie de la grotte. La vue est époustouflante : un puits de lumière avec une douche sortant d’une stalactite :

Qui dit grottes, dit chauves-souris ! En fin de journée, si la météo le permet, elles se donnent en spectacle : elles sortent de la Deer cave par groupes, en créant des courants d’airs afin de s’envoler plus facilement, et aussi pour échapper aux prédateurs. Avant de se disperser, elles dessinent dans le ciel de longs tourbillons, c’est très joli. Les traînées sont toujours plus longues et plus épaisses.

Leur danse dure au moins 45 minutes – c’est qu’elles sont nombreuses – et tant mieux car elles s’en vont dévorer des tonnes de moustiques !

Il est assez difficile d’observer des singes dans le parc Mulu, mais nous sommes fiers de vous dire, que l’on a pu voir – avec beaucoup de patience – un joli groupe de macaques ! Contrairement au parc Bako, ils ne s’approchent pas de l’homme, et nous avons passé un moment à chercher d’où venait les bruits, en nous approchant silencieusement. Ils nous observent, cachés derrière les branches, avec curiosité.

Nous avons également vu de nombreux rongeurs, dont des écureuils, mais pas ceux qui planent.

…et aussi une tortue à carapace molle – et un nez plutôt étrange – dans l’une des grottes !

Il est possible de se baigner dans une petite cascade, l’eau est claire et il n’y a pas de crocodile 😉.

Nous avons passé cinq jours dans ce paradis vert, déconnectés du monde et connectés à la nature.

C’est ici que nous logions, le propriétaire est adorable. Le confort est basique, il ne nous en fallait pas plus, et il y même un générateur le soir pour avoir un peu d’électricité et un ventilateur.

La maison est sur pilotis, bien utile, car oui, nous avons pris de très belles douches tropicales… C’est la rainforest après tout !

Le Sarawak, c’est terminé

Après deux semaines magiques au Sarawak, nous vous donnons rendez-vous d’ici peu pour le volet 2/2 sur Bornéo 😊 : direction l’état du Sabah. Pour patienter, vous pouvez regarder la petite vidéo suivante, et voir comment ces drôles d’animaux et insectes se meuvent (attention vidéo 🔞, désolés pour la vie intime des insectes – et faites bien attention au singe qui se soulage sur nous 😂) :