Après Bornéo (dans la jungle du Sarawak et au cœur du Sabah), nouvelle étape de notre tour du monde : les Philippines. Nous avons prévu d’y rester un mois. Le programme s’annonce riche : découverte de plusieurs îles et retrouvailles avec la famille et les amis.

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L’archipel des Philippines est composé de plus de 7000 îles. Nous atterrissons sur la plus grande et la plus peuplée : Luçon, qui abrite Manille, la capitale.

Nous atterrissons à Manille et partons directement pour la province de Bataan. C’est à trois heures de bus, à l’ouest de la capitale. Une région pas très touristique, avec plusieurs petits sommets et des randonnées. Parfait pour nous 😊 !

Notre arrivée à Bataan, un peu décourageante…

Le seul hébergement de la péninsule qui affiche un prix raisonnable se trouve dans la ville de Balanga, c’est donc ici que nous nous arrêtons en bus. Ce n’est absolument pas touristique, les habitants se demandent ce que nous faisons ici, et pour être honnête, nous aussi !

Il y a pourtant un joli office du tourisme, mais désert, pas de personnel, c’est même l’agent de sécurité qui nous donne des prospectus. Mais on n’y trouve aucune information sur les randonnées, le parc national avec cascades, les plages et les réserves animales mentionnées par quelques blogs. Les modalités d’accès demeurent un mystère.

Nous sommes un peu décontenancés, mais il faut dire que nous sommes le 30 décembre, un jour de fête nationale dans le pays, et la veille du réveillon.

Bon, nous ne nous avouons pas vaincus, se déplacer ici est vraiment facile : tricycles, bus, jeepneys à tout va. Nous gardons notre objectif en tête : partir le lendemain pour un trek de deux jours, et dormir sur une plage.

Nous sommes loin d’être certains d’y arriver…

Jour 1 : Balanga – Mont Tarak

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Nous débutons notre randonnée dans la matinée. C’est plutôt simple de se rendre au point de départ en bus. Le chauffeur connaissait même le sentier, nous voilà rassurés ! Il y a un petit restaurant où nous prenons notre déjeuner à emporter.

Les trois premiers kilomètres se déroulent sur une route ombragée qui monte. Nous passons par une petite habitation où il faut s’enregistrer sur un cahier. Nous avions entendu parler de frais d’entrée, mais ce n’est a priori pas ici. Le guide n’est pas obligatoire, il faut par contre un GPS, le sentier n’est pas balisé. Et ce sera un aller-retour car les habitants nous déconseillent d’emprunter le sentier qui descend plus au sud, à Mariveles. Il serait assez raide et peu entretenu. Ils s’amusent à nous raconter l’histoire d’une randonneuse qui s’est fait mordre par un serpent 3 semaines avant ; « mais elle est vivante » nous disent-ils en rigolant !

Nous entrons dans la forêt, ça grimpe, c’est dur. Il nous faut retrouver un rythme, et supporter le poids du sac, nous nous sommes ramollis ! Pique-nique au bord d’une rivière, le seul point d’eau du parcours.

Il y a quelques macaques dans la cime des arbres.

L’ascension devient bien plus difficile (500 mètres de D+ sur 1,5km), il faut se hisser à l’aide branches et racines. Ça nous rappelle les bonnes parties d’escalade de notre GR20. Et puis, il pleut, le sol glisse.

🧭 Petit tracé en 3D à la fin de l’article pour avoir un aperçu du relief.

La crête est enfin visible, et finalement le soleil est avec nous, ouf ! C’est magnifique.

Il y a par contre énormément de vent, heureusement, l’aire de bivouac est abritée. La tente est installée, mais nous repartons pour une petite heure d’effort, sans sac, afin de gagner le sommet du mont Tarak, qui culmine à 1030 mètres. La vue est superbe. Nous y contemplons notre dernier coucher de soleil de l’année.

Au large, la côte est dessinée par la mer, c’est ici que nous espérons camper la nuit prochaine.

Un phasme (stick insect) visite notre tente :

La fatigue se ressent, nous n’attendrons certainement pas minuit pour nous coucher, pas de compte à rebours pour nous cette année, grosse ambiance de réveillon !

Jour 2 : Mont Tarak – Apatot beach

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Le réveil est difficile, la nuit a été entrecoupée par le bruit des rafales de vent, qui semble bien plus fort que la veille. Et il pleut. Il va pourtant falloir y aller. Nous affrontons le vent sur la crête, c’est violent.

Une fois de retour dans la forêt, nous sommes à l’abris et la pluie a cessée. La première heure de descente est technique, et se fait principalement en marche arrière. La suite est plus rapide, et la température remonte, nous nous baignons même dans la rivière, accompagnés de libellules.

Nous regagnons le village de départ, et il semble que ce soit l’heure du karaoké. Dans plusieurs maisons, la musique est à fond, ils chantent entre amis, en famille ou tout seul, devant leur poste de télévision. Ça fait parfois saigner les oreilles 😉!

Nous attrapons un bus pour Mariveles, la ville au sud de la province de Bataan, sur la côte. Nous nous attendions à une ville plus touristique : pas du tout !

Il nous faut manger. Mais tout est fermé, nous sommes le 1er janvier… Une petite échoppe qui ressemble à un restaurant est ouverte sur la rue face au port, nous tentons notre chance. Le couple qui y vit accepte de nous nourrir, même si c’est leur jour de repos. La barrière de la langue rend la conversion difficile. Ils comprennent tout de même nos plans et nous préparent un petit en-cas pour le soir même. Ils nous véhiculent jusqu’au marché pour acheter des fruits et acceptent de nous recharger en eau. Adorables.

Mais souvenez-vous, nous voulons dormir sur une plage, et ce n’est pas encore gagné !

Juste à côté de Mariveles, il y a les five fingers, cinq anses donnant sur la mer. Nous avons lu sur plusieurs blogs que des tours de bateau touristiques pouvaient nous y amener, et que le camping est possible sur la quatrième anse. Un sentier pour accéder à la quatrième anse semble exister sur MAPS.ME, nous prenons alors un tricycle jusqu’au début du chemin. Ce n’est pas hyper charmant : c’est la déchetterie.

Nous empruntons tout de même la route de terre, qui devient plus jolie, et qui nous offre une jolie vue sur la ville, et les sommets que nous avons côtoyés pas plus tard que ce matin.

Avec même quelques rizières sur le flanc de la montagne.

Rapidement, un grand portail avec l’inscription « No trespassing » casse nos plans, le sentier est sur une propriété privée…

Bon c’est bête, nous sommes arrivés jusque là, et avons tout le nécessaire pour passer la nuit…

Avant d’abandonner, nous avançons encore un peu sur le chemin, qui n’est pas indiqué sur la carte. Il y a encore l’espoir d’atteindre la cinquième anse, où il semble y avoir quelques installations. Nous décidons d’y descendre, mais espérons fortement ne pas avoir à gravir de nouveau la colline.

C’est en fait un tout petit village. Les habitants se déplacent en bateau, et vivent dans de petites habitations bricolées.

Comme à Mariveles, la pauvreté est visible, c’est assez déroutant, nous ne nous sentons pas à notre place. Un habitant du village accepte que nous installions notre tente, mais c’est une plage de coraux assez coupants. Ce n’est pas aussi paradisiaque et confortable qu’espéré, mais il est trop tard pour nous trouver un autre endroit.

Finalement, une fois notre bivouac installé, l’ambiance devient plaisante, et nous faisons office d’attraction pour la soirée : tous les enfants du village viennent nous voir et étudient nos moindres faits et gestes.

Jour 3 : Apatot beach – Balanga

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Encore une petite nuit, il y a eu du vent, la tente n’était pas bien fixée, difficile sur une plage de coraux…

Les enfants du village sont toujours là, de gentils pots-de-colle, intrigués par tout ce que nous faisons, même par le brossage de dents !

Nous levons le camp et remontons sur nos pas. C’est parfait, nous arrivons à trouver un tricycle avant d’arriver à Mariveles puis c’est reparti pour un tour de bus, toujours bien entassés, jusqu’à Balanga. La douche et le repos vont nous faire du bien. Manger correctement aussi.

Fin de notre première immersion aux Philippines

Ce fût une belle entrée en matière pour ce début de séjour aux Philippines, nous sommes clairement sortis des sentiers battus. La pauvreté nous a frappée. L’accueil n’en est pas moins chaleureux.

Nous n’avons pas réussi à voir la beauté des cinq anses des « five fingers« , seulement une et probablement pas la plus jolie. Nous vous recommandons de les visiter en bateau, et de camper sur Laki beach ou Mawakis beach. Mais pour cela, il faut passer par une agence de voyage, et payer dans les 60€/p.

La randonnée du Tarik Ridge n’est pas tout public, mais le sommet en vaut vraiment la peine.

Bataan est une région pleine d’atouts, et à la période où nous y avons séjourné, elle ne nous a pas semblé exploitée. Les blogs existants sur la région sont probablement tenus par les agences de voyage. Et les quelques touristes venant à Bataan sont majoritairement des habitants de Manille qui partent en groupes organisés.

Nous repartons pour Manille, retrouver la famille de Baptiste. A très vite !

Notre ascension du Tarak Ridge en 3D :

Pour télécharger nos tracés GPS (enregistrés grâce à l’application ViewRanger) :

Trek-Time_Philippines_Bataan