C’est reparti pour un trek ! Ça nous manque un peu, le dernier était à Hawaï il y a un mois de cela : Hawaiʻi : la surprenante Big Island et les plages d’Oʻahu.

Trois à quatre jours de marche sont prévus dans le Tonkin vietnamien, plus précisément dans la province de Trùng Khánh au nord-est de Cao Bằng.

Nous allons passer dans des petits villages (repérés grâce aux images satellites de Google Maps) où nous essaierons de nous ravitailler en eau et voir s’il est possible d’installer notre tente. Toujours avec nous : notre réchaud, une bouteille de gaz (une journée de galère pour en trouver à Hanoï) et un peu de nourriture, mais nous espérons trouver de quoi manger dans les villages.

Objectif de ce trek : arriver aux fameuses cascades Bản Gioc.

Pour nous suivre sur Instagram :

https://www.instagram.com/trek_time/

Comment arriver à Cao Bang ?

🚍 Nous avons pris un bus depuis la gare Mỹ Đình à Hanoï, il y a des départs assez réguliers le matin, 7€/p, et 8 heures de trajet avec les pauses. Le bus se charge au fur et à mesure de personnes et de colis, l’organisation semble rodée, et pour passer le temps, pas de soucis à vous faire, l’ambiance musicale est au rendez-vous !

Pour le retour, nous avons pris une option plus confortable et plus rapide via notre homestay, 12€/p et 6 heures.

⚠️ La conduite Vietnamienne est un sport, n’embarquez pas sans ceintures !

Mission reconnaissance à scooter :

Cao Bằng, c’est une grande ville et il n’y a pas grand chose à visiter. Nous avons séjourné à l’Eco Homestay, que nous vous recommandons.

Ce sont les environs de cette ville qui nous ont fait venir, et nous avons besoin de prendre la température avant de nous lancer dans notre trek ; en effet ça fait à peine 3 jours que nous sommes au Vietnam.

Nous chevauchons alors un deux roues pour la journée. Très rapidement, les habitations se font plus rares et nous roulons à travers les belles montagnes vertes : les fameux pics karstiques du nord Vietnam (les mêmes que dans la baie d’Ha Long). Après une trentaine de kilomètres, nous arrivons devant cette impressionnante montagne percée : Thác Nặm Trá.

Le calme règne, c’est agréable, nous prenons le temps. Les buffles semblent s’y plaire, ils ont un petit lac et de la boue. Durant la saison des pluies, ce lac est beaucoup plus vaste. Nous ne croisons aucun touriste, seulement un gentil papi, avec qui nous tentons d’échanger.

Nous repartons nous perdre sur les petites routes, toujours entourées de montagnes.

Après plusieurs visites de hameaux, plus ou moins accessibles en scooter, nous gagnons par hasard le petit village de Phía Tháp, regroupant les membres d’une minorité ethnique : les Nungs. Ils sont spécialisés dans la confection de bâtons d’encens.

Cette journée a répondu à toutes nos attentes : des paysages magnifiques et des vietnamiens toujours accueillants. Les sourires et les mots arrivent vites, même s’il est difficile de se comprendre.

Jour 1 : Thông Hue – Thân Giáp

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Le bus public au départ de Cao Bằng à destination des fameuses cascades nous dépose un peu avant celles-ci au village de Thông Huề. Nous le traversons en marchant le long d’une route, les enfants rentrent de l’école, nous avons le droit à des dizaines de « hellooo » et des grands sourires. Ils doivent se demander ce qu’on fait là, avec nos gros sacs et notre accoutrement étrange ! Nous avançons entre les élégantes montagnes verdoyantes et les champs.

🧭 Pour nous guider, pas de sentier balisé cette fois-ci, il n’existe pas de carte détaillée avec les chemins pédestres non plus. Nous n’avons trouvé que quelques tracés GPS sur Wikiloc (de randonnées faites avec des guides locaux probablement) et les avons adapter à notre goût. Cependant, nous n’avons aucune certitude sur la faisabilité du projet…

La route est un peu longue en plein soleil puis elle devient moins praticable, et ça commence à monter doucement. Puis, ça grimpe vraiment : nous traversons une des montagnes, à travers la jungle.

Nous nous perdons un peu, le sentier n’est pas évident à travers la brousse qui devient de plus en plus dense, nous nous fions au GPS. Un chemin qui redescend semble être le bon. Au milieu de bambous, nous croisons un fermier, qui surveille ses 2 vaches brouter dans la forêt, au calme ! Nous ne nous attendions pas à croiser quelqu’un, et visiblement, lui non plus. Notre seul moyen de communiquer avec lui sera le rire.

Une fois en bas, nous arrivons sur une ferme, probablement celle de notre monsieur. Puis nous continuons à flanc de montagne sur une petite route en terre, jusqu’à apercevoir de jolies cascades, l’eau est couleur menthe.

Nous nous y baignons puis gagnons le village où nous comptons passer la nuit. En effet, le tracé GPS s’arrête au niveau d’une maison, nous supposons alors que la personne qui l’a partagé a dormi par ici. En avançant dans le village, un homme nous fait signe de rentrer chez lui, à l’endroit exacte où le tracé s’arrête ; il semble étonné de nous voir sans guide, mais nous propose gentiment, autour d’un thé, de nous loger.

La famille est habituée à héberger des groupes de touristes avec guide mais personne ne parle anglais. Nous n’allons même pas pouvoir utiliser notre tente, les matelas sont vite installés dans la grange.

Le fils, qui a notre âge, commence à discuter avec nous grâce à l’option vocale de Google Translate, c’est très drôle dans un village isolé au milieu des montagnes et des rizières, mais bien pratique ! Nous mangeons avec toute la famille (3 générations), une multitude de plats sont disposés sur la table, un festin, et nous avons le droit à des petits shooters d’alcool de riz ; alcool et riz fait par le grand-père, nous précise-t-il fièrement ! C’est un belle première journée de trek qui s’achève, avec un confort inattendu.

La vue de la terrasse n’a pas de prix :

Jour 2 : Thân Giáp – Kéo Thang

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Une partie de domino avec la très craquante cadette de la famille, un bon petit déjeuner et c’est reparti !

Nous commençons la journée en montant, jusqu’à avoir une superbe vue sur le village où nous venons de passer la nuit. En arrière-plan, les montagnes se dressent dans la brume.

La météo est toujours parfaite, pas de nuages, il fait chaud en plein soleil, et une quinzaine de degrés la nuit. C’est la saison sèche, ni moustiques ni sangsues, mais les rizières sont en jachère.

Nous traversons plusieurs montagnes, le paysage est superbe. Plusieurs petits troupeaux de vaches ou buffles croisent notre chemin, ils ont des petits espaces de prairie au milieu des montagnes, il aurait d’ailleurs été facile de bivouaquer ici.

Le sentier est un peu moins évident ensuite, la végétation est plus dense.

La descente vers le village suivant débute et nous suivons un groupe de femmes bien chargées :

C’est sur une petite route que nous poursuivons, en parcourant plusieurs hameaux, et en passant devant un lac. Nous arrivons à Nà Bài où nous prenons alors le bus pour quelques kilomètres afin de rejoindre la Lan homestay à Kéo Thang, qui est parfaitement situé pour démarrer l’étape du lendemain. Nous l’avions repéré sur Google Maps, elle se situe le long de la rivière Quây Sơn, où il est possible d’y faire du kayak si vous le souhaitez. De jolis moulins se trouvent le long de celle-ci.

Personne d’autre que nous, le grand-père et sa petite-fille, qui ne parlent pas anglais non plus. Nous partagerons le dîner avec eux, une nouvelle fois avec Google Translate.

Jour 3 : Kéo Thang – Ban Gioc

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C’est entre les montagnes que notre chemin se poursuit depuis la Lan homestay. Le paysage est toujours aussi sublime, mais ce n’est pas toujours évident de trouver le sentier, entre les roches et la végétation tropicale, le GPS est vraiment de rigueur.

Nous descendons vers un petit village composé de fermes, tout le riz a été ramassé, moins de verdure pour les photos, mais nous avons le droit à de jolies pyramides de paille.

Parmi les dizaines de buffles que nous avons croisé, voici notre préféré, son museau relevé et ses cornes anormalement basses lui donnaient un air rigolo.

Nous passons à travers les champs, puis suivons la rivière jusqu’à la traverser (un peu d’escalade pour ne pas se mouiller les pieds).

Après quelques centaines de mètres sur la route nous accédons à la grotte Ngườm Ngao (grotte du tigre). L’accès est payant (pas cher), nous pensions l’endroit touristique, mais il n’y a pas grand monde, pas de restaurants, tant pis, nous sortons nos nouilles instantanées.

La grotte est composée de 3 grandes chambres, mais ce n’est pas seulement pour ça que nous sommes ici… Nous avons l’intention de traverser la montagne ci-dessous entièrement !

La galerie fait en réalité 2 kilomètres de long, il y a une sortie de l’autre côté. C’est donc parti pour une session spéléologie !

C’est un peu fébrile que nous ajustons les frontales et rangeons les bâtons de marche ! Le GPS ne nous aidera pas, nous comptons sur le récit du blog World Wild Camp (super blog de trekkeurs qui nous a inspiré pour nos treks à Hawaii, en Islande et cette partie dans la grotte).

Les 3 premières chambres accessibles au public sont magnifiques et vastes, et éclairées contrairement au reste 😂 :

Une fois dans la 3e chambre, on aperçoit une cavité en hauteur (au dessus des escaliers menant à la fleur de lotus) qui semble être l’entrée secrète au reste de la galerie. Il faut escalader la roche calcaire puis s’engouffrer dans les profondeurs pour rejoindre la rivière (sur la droite à plusieurs reprises). La rivière est censée être le fil conducteur de notre trajet, vu qu’elle entre dans la grotte à l’endroit où nous voulons en sortir ; mais la rejoindre n’est vraiment pas évident, nous laissons des flèches en bois pour savoir par où ressortir si besoin. Nous sommes uniquement éclairés par nos frontales, le silence règne. Mais nous ne sommes pas tout à fait seuls :

Ça y est, nous avons rejoint la rivière, nous devons suivre le cours d’eau, dans le sens contraire du courant.

Nous slalomons d’un côté à l’autre de la rivière, difficile de savoir quelle rive est la plus praticable ; il y a de belles parties d’escalade, avec nos sacs et la roche glissante, ce n’est pas simple du tout. Le doute s’installe quant à la suite de notre aventure… Nous décidons de persévérer !

Nous prenons quand-même le temps de contempler ce décor assez dingue. Pas vraiment de sensation d’oppression, le plafond des chambres est haut et pas toujours visible.

Il y a des stalactites et stalagmites partout, la roche calcaire est dessinée par le passage de l’eau, la roche brille.

Cela fait bien une heure que nous sommes partis, mais nous pensons n’avoir parcouru que 1/4 voir 1/3 du trajet… Difficile à estimer sans GPS ! Nous ne nous décourageons pas pour autant.

Finalement la suite devient plus fluide, il y a moins d’acrobaties et de glissades à réaliser.

Puis enfin, une lumière au fond de ce long tunnel, la pression redescend !

Il nous aura fallu presque deux heures pour traverser la grotte de 2 kilomètres. Nous sommes bien sales, et les chaussures sont mouillées ; mais contents et soulagés !

La sortie de la grotte est bien cachée par la végétation, il aurait été bien difficile de trouver l’entrée de ce côté-ci. Nous regagnons un petit sentier dans les champs qui nous mène à un petit village, où nous ne croiserons personne puis nous remontons pour rejoindre la route, la montée pique.

Le soleil qui se couche nous offre un beau panorama (la montagne de droite est celle que nous avons traversée avec la grotte).

Nous redescendons jusqu’à un village, tout près des cascades.

Une petite fille nous invite à dormir dans sa homestay (enfin celle de ses parents), n’ayant pas tellement de plan, nous acceptons volontiers. La douche et les matelas dans la grange de la ferme nous donnent satisfaction, la journée était éprouvante.

🗺️ N’hésitez pas à aller voir le tracé en 3D à la fin de cet article pour visualiser la montagne que la grotte traverse.

Jour 4 : Ban Gioc – Fin

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Nous nous levons tôt, mais les animaux de la basse-cour font du raffut depuis bien longtemps.

Encore un peu de marche et nous rejoignons les superbes cascades de Bản Giốc. À 6h30-7h, à peine une poignée de touristes et aucun bateau, c’est parfait pour les photos. Il n’y a même personne au ticket office pour nous faire payer l’entrée !

De l’autre côté c’est la Chine, la rivière fait office de frontière.

Nous grimpons ensuite jusqu’à un temple, il est très beau bien que récent et offre un point de vue sur les montagnes, le village et la cascade.

Notre séjour dans la région rurale de Trùng Khánh s’achève, nous reprenons le bus pour Cao Bằng.

Et voilà !

Nous sommes ravis de nos 3 jours, il y a vraiment très peu de récits voir aucun récit de trek sans guide au Vietnam, et nous avons réussi sans aucun soucis. C’est même très facile de se loger (beaucoup de homestay sont sur Google maps). Nous voulions éviter les régions touristiques et c’est gagné, nous n’avons même pas croisé d’autres randonneurs. Nous avons l’impression d’abord fait de vraies rencontres, et d’avoir partagé le quotidien des habitants de ces petits villages.

🥾 Niveau matériel (détail complet sur notre page Projet) : Nous aurions pu considérablement nous alléger de la tente et des duvets / matelas. Et le réchaud n’a servi que deux fois, des en-cas auraient pu suffire. Le filtre à eau est nécessaire, pour filtrer l’eau du robinet des habitations, et il ne faut pas compter sur les cours d’eau (eau marron souvent). Le GPS et pantalons sont indispensables.

⚠️ Avertissements : Concernant la grotte, c’est loin d’être tout public, et le faire en période de pluies peut s’avérer dangereux voir impossible. Assurez-vous d’avoir du matériel de survie, de vérifier la météo, et de prévenir un proche de votre projet. N’oubliez pas les frontales, nous avions même une batterie externe pour les recharger si besoin.

Voici le tracé de notre trek :

Pour télécharger nos tracés GPS (enregistrés grâce à l’application ViewRanger) :

Trek-Time_Cao_Bang_Vietnam

Notre trajet en 3D (ça fonctionne à nouveau normalement…) :