Depuis le hublot de l’avion, nous apercevons la célèbre chaîne montagneuse de l’Himalaya. Le Népal, nous voilà déjà ! La dernière étape de notre long voyage.

Pour nous suivre sur Instagram :

https://www.instagram.com/trek_time/

Après un mois de « glandouille » aux Philippines (Visayas et Palawan) et une visite culturelle à Bangkok, nous repartons pour un nouveau trek, dans la région des Annapurnas. Après quelques recherches sur les treks de la région, nous choisissons le tout récent trek de Khopra, en 7 à 9 jours. Faire un trek au Népal en février – c’est-à-dire en hiver – c’est s’exposer à des températures particulièrement basses ( jusqu’à -15°C vers 3000m) et de la neige/glace. Ce trek, qui permet de dormir à 3600m au plus haut, est un bon compromis altitude/température. De plus, il n’est pas encore très connu, donc moins fréquenté et plus authentique. Il nous promet des paysages variés aux pieds des géants himalayens, et correspond à la saison en allant moins haut que le sanctuaire des Annapurnas (pas conseillé à cause d’avalanches récentes) ou que le Mardi Himal par exemple. Et enfin, c’est une boucle. En voici le récit.

Préparatifs à Pokhara

Sans plus attendre nous partons pour Pokhara, une grande ville à l’ouest de Katmandou. Il nous faudra tout de même 8 heures de bus depuis Katmandou pour parcourir 200 kilomètres. La route entre les montagnes n’est pas en très bon état.

La ville est établie aux bords du joli lac Phewa. Il y a de nombreuses activités touristiques (balades en bateau, yoga, parapente…). Dans la rue principale, il y a des dizaines de magasins de matériel de haute montagne. Nous louons des énormes doudounes et achetons crampons, bonnets et guêtres. Le reste de notre matériel devrait suffire.

Les températures sur les sommets visés descendent à -15°C. Nous sommes à la fin de l’hiver (mi-février). Cependant, la météo nous annonce des températures moins effrayantes et l’absence de précipitations pour les quelques jours à venir, nous croisons les doigts.

Nous optons pour un trek sans guide et sans porteur. Ce choix est personnel, nous avons toujours réalisé nos treks de cette manière, pour plus de liberté, et le plaisir de s’orienter et se retrouver seuls face à la nature. Nous établissons nos permis TIMS (registre pour la sécurité des trekkeurs) et ACAP (conservation des Annapurnas) au bureau d’Etat (près du bureau d’immigration). Il faut y aller en personne lorsqu’on n’a pas de guide. Ces permis seront tamponnés à l’entrée et à la sortie du trek. Nous faisons le plein d’en-cas. Nous voilà enfin près pour randonner.

Enfin presque, nous vivons un beau choc thermique. La journée le soleil chauffe bien, mais le reste du temps, il fait dans les 5 à 10 °c. Le soucis, c’est que dans les maisons aussi. Les népalais n’ont pas de chauffage, les hôtels ne dérogent pas à la règle ! Ça s’annonce sympa en altitude…

Jour 1 : Pokhara – Ghandruk (1940m)

0
kilomètres
0
heures
0
mètres
0
mètres

Nous nous rendons en taxi à la station de bus Baglung pour prendre un bus pour Nayapul, puis tombons finalement sur un bus pour Ghandruk (la destination de notre première étape). En attendant son départ, nous assistons au lever de soleil sur les hautes montagnes, que nous voyons enfin, c’était couvert les jours passés.

Après 3 heures de bus 4×4, nous nous arrêtons à Syauli Bazar (juste après Nayapul), à 1150m. Les paysages les plus beaux se trouvent après cette « ville ». Nous gagnons de l’altitude à l’aide de jolis escaliers, au travers d’habitations, avec vue sur les rizières.

L’arrivée à Ghandruk arrive rapidement, il y a une multitude d’hôtels dans le village, nous en choisissons un au hasard. Chambre très basique, mais eau chaude et wifi !

La vue nous rend dingue, nous voyons les sommets enneigés de très près :
De gauche à droite : Annapurna Sud (7219m), Hiunchuli (6441m) et Machapuchare (6997m, signifie « queue de poisson » pour son double sommet facilement identifiable).

Tandis que les températures diminuent, les derniers rayons de soleil mettent en valeur les sommets en face de nous :

Jour 2 : Ghandruk – Tadapani (2630m)

0
kilomètres
0
heures 50
0
mètres
0
mètres

La nuit fût fraîche, 3°C selon la météo. Dans la chambre, idem ! C’était dur de se coucher mais nos duvets associés à une couette étaient efficaces.

❄️Petite astuce pour des vêtements chauds au réveil : les mettre sous le sac de couchage pendant la nuit !

La marche du jour se déroule dans la forêt, sur un sentier roulant. Il y a un petit tapis de neige, il a neigé la veille de notre départ.

Après une montée plus rude, nous faisons une pause déjeuner ensoleillée dans un petit hameau. Nous prenons notre temps, l’étape du jour est petite, il ne faut pas monter trop vite afin d’éviter le mal des montagnes.

Nous croisons de nombreux oiseaux, plus ou moins gros, et souvent colorés.

Puis nous arrivons rapidement à Tadapani, sur un sentier bien blanc. Nous nous installons au premier lodge que nous croisons. La vue est malheureusement cachée par les nuages.

Il y a un poêle à bois dans la salle commune, il ne chauffe pas toute la pièce mais fait la différence, et c’est difficilement que nous en décollons pour rejoindre notre chambre à 1°c… Nous dormons avec nos filtres et poches à eau pour éviter qu’ils gèlent !

🍴 Le vrai bon conseil à retenir si vous faites un trek au Népal : commandez un « veg dhal bat », c’est un plat traditionnel népalais composé de riz et d’une soupe de lentilles, avec des accompagnements variés : légumes, curry de pomme de terre, tortilla. Très bon, plein de protéines mais surtout, on vous demandera toujours si vous en voulez plus, le truc à ne pas demander à des randonneurs affamés !

Jour 3 : Tadapani – Dobato (3426m)

0
kilomètres
0
heures 45
0
mètres
0
mètres

Nous nous levons avec un ciel bien dégagé, et une vue sur les mêmes géants : Annapurna Sud, Hiunchuli et Machapuchare.

L’étape est encore courte mais finalement assez dure, l’altitude se ressent, et surtout marcher sur la neige est fatiguant. Nous avons dû chausser les crampons.

Nous trouvons un petit hameau pour déjeuner, ce sont les mêmes menus et les mêmes tarifs partout : le plat vaut dans les 4€, plus du double qu’à Pokhara.

🛌 Les « community lodges » font gîte et couverts, ils appartiennent aux communautés qui redistribuent l’argent aux écoles et hôpitaux de la région, selon un écriteau. Malheureusement peu étaient ouverts, nous dormions dans des lodges appartenant au gouvernement. Une chambre dans un lodge vaut dans les 5€, il faut parfois ajouter la douche chaude et le wifi. Certains lodges semblent accepter de laisser une chambre gratuite si vous mangez chez eux (pas testé).

Après s’être enfoncé plusieurs fois dans l’épaisse neige, nous arrivons au lodge du hameau Dobato, dans les nuages, il fait très froid.

C’est un peu plus rustique. Nous oublions la douche, tout est gelé ! Un sceau d’eau chaude et du courage suffiront. La salle commune est par contre bien chaude, ouf, car dehors, il gèle pour sûr ! Soirée lecture et séchage de chaussures.

Jour 4 : Dobato – Muldai peak (3629m) – Chhisti Bang (3026m)

0
kilomètres
0
heures 20
0
mètres
0
mètres

Armés de courage, de nos frontales et de nos plus chauds vêtements, nous partons pour atteindre Muldai peak de bon matin, à 3629m. Comparé au très populaire Poon Hill, cette vue à 360° est bien moins fréquentée (nous étions 5 ce matin là), plus haute et plus proche des sommets. Après 40min d’ascension dans la neige, nous sommes vite récompensés par les premières couleurs du lever du soleil.

La vue à 360° est impressionnante. L’Annapurna Sud semble tout près, il est pourtant à plus de 4000 mètres au dessus de nos têtes. À sa gauche, en retrait, nous apercevons Annapurna I (‎8 091 m).

Et nous avons enfin vue sur le magnifique Dhaulagiri, qui culmine à 8167m, c’est le 7e plus haut sommet du monde et le plus haut sommet du Népal (je ne compte pas l’Everest qui est à moitié au Népal et au Tibet).

Le Dhaulagiri est à gauche sur le panorama suivant, l’Annapurna Sud semble pourtant bien plus haut.

Nous redescendons ensuite pour petit-déjeuner et récupérer nos sacs au lodge. Le ventre est plein, tant mieux car il n’y aura pas de village pour déjeuner avant d’arriver au lodge de Chhistibang (prononcez Sistibang).

Le sentier est roulant puis nous perdons de l’altitude en passant dans la forêt. Pour autant, il y a toujours beaucoup de neige, nous nous enfonçons parfois jusqu’à la taille.

Nous nous approchons du Dhaulagiri :

Un Yak se trouve au bord du sentier, c’est un ruminant à longue toison vivant dans l’Himayala. Nous avons pu déguster son fromage : très bon, ça faisait longtemps !

Le lodge que nous atteignons en début d’après-midi est en plein soleil, douche et lessive au programme. La soirée reste froide, mais le poêle est efficace, et un petit chaton trop mignon nous réconforte.

Jour 5 : Chhisti Bang – Khopra (3703m) – Chhisti Bang (3026m)

0
kilomètres
0
heures 20
0
mètres
0
mètres

Direction Khopra, le point culminant de ce trek. Depuis Khopra, il est possible de se rendre à 4827m au lac Khayer, mais c’est une étape aller-retour de 10 heures, sans compter la neige qui nous ralentirait. Nous avons abandonné l’idée.

Finalement, nous apprenons que le sentier est fermé et qu’il n’est même pas possible de dormir à Khopra, tout est gelé. Nous laissons alors une bonne partie de nos affaires au confortable lodge de Chhistibang et faisons l’aller retour pour Khopra.

Peu de kilomètres mais ça grimpe bien. C’est tout de même plus simple que prévu, il n’y a pas de neige. Le versant est plein sud, il fait même chaud !

L’arrivée à Khopra se fait sur une corniche bien gelée, mieux vaut éviter le faux pas !

La vue nous émerveille encore une fois, et nous voyons de nouveaux sommets.

De gauche à droite : Dhaulagiri 8167m ; Tukeche peak 6920m ; Nilgiri 6940m ; Barahi Shikar 7857m et enfin l’Annapurna Sud 7219m.

Quant à nous, 3703m sera notre record en montant un peu au-dessus du lodge. Nous passerons la barre des 4000m (ou plus) une autre fois.

Le gardien du refuge nous prépare une soupe en allant casser la glace dans un bac. Il nous explique que d’ici deux mois tout sera fleuri, et qu’en septembre tout sera vert. Il nous donne envie de revenir, mais mieux vaut réserver nous prévient-il.

Nous redescendons tout en contemplant d’énormes rapaces autour de nous.

Jour 6 : Chhisti Bang – Ghorepani (2860m)

0
kilomètres
0
heures 10
0
mètres
0
mètres

À contre cœur, nous n’embarquons pas le petit chat du lodge. Nous descendons à travers la forêt, c’est fluide, pas de neige mais on nous barre souvent la route :

Swanta, petit village isolé à 2214m qui devait être la fin de notre étape, sera finalement notre pause déjeuner. Nous y déjeunons accompagnés des « namaste » des enfants. 🙏 C’est une marque de respect, utilisée pour dire bonjour, merci, bienvenue…

Notre descente continue jusqu’à une passerelle qui permet de traverser la rivière Ghar, puis c’est parti pour 2h30 d’ascension, jusqu’à Ghorepani. Nous profitons de la vue dans notre dos : le village où nous venons de manger, les rizières et le Dhaulagiri.

Les dernières centaines de mètres se font sur la neige verglacée, les ânes galèrent autant que nous. Ghorepani est un village bien plus développé, de nombreux treks y passent. Mais il n’y a pas foule, c’est la basse saison.

Jour 7 : Ghorepani – Poon Hill (3210m) – Ulleri (1960m)

0
kilomètres
0
heures
0
mètres
0
mètres

Nouveau et dernier lever de soleil de ce trek après l’ascension de Poon hill. C’était dur de se motiver mais nous voilà à 3210m, entourés de tous les hauts sommets que nous avons déjà eu l’occasion de contempler. Premiers rayons de soleil sur le Dhaulagiri, magnifique :

Ça valait le coup, mais nous ne sommes pas seuls cette fois-ci.

Et l’Annapurna Sud qui ne nous a pas quitté de tout le trek :

Malgré plusieurs acrobaties dans les escaliers gelés, c’est frigorifiés que nous redescendons vers le lodge, puis vers Ulleri, en longeant une jolie rivière avec de nombreuses cascades.

Le chemin est agréable même si il y a d’autres randonneurs. Comme nous vous le disions, c’est axe plus touristique.

En arrivant à Ulleri, le décors se couvre, nous apercevons tout de même les nombreuses rizières en face du village.

Jour 8 : Ulleri – Nayapul (1013m)

0
kilomètres
0
heures 10
0
mètres
0
mètres

Il est possible de prendre une jeep pour Pokhara depuis Ulleri, il y a une route. Mais nous décidons de poursuivre à pieds afin de prendre un bus, c’est plus économique et nous avons le temps.

La première partie de la descente se fait dans de longs escaliers traversant plusieurs villages. Puis sur une route de terre. C’est un peu moins intéressant mais si il avait fait chaud, une baignade dans les jolies vasques de la rivières aurait été plaisante.

Nous atteignons Nayapul rapidement, une ville qui bouge, routes et voitures, ça nous change ! Nous attrapons le bus qui nous ramène sur Pokhara.

🧭 Voici le tracé de notre trek :

Pour télécharger nos tracés GPS (enregistrés grâce à l’application ViewRanger) :

Trek-Time_Nepal_Khopra

Conseils transports & matériel

🚌 Bus Katmandou – Pokhara : « tourist bus » réservé via notre auberge, il existe plusieurs standings, 1000R/p pour le 1er prix (ils prennent une commission), 7 à 8H de trajet. Du tourist bus stop à Katmandou au tourist bus park à Pokhara.
Pour moitié prix, peu de temps en plus et pour le même confort, il y a les bus locaux, ils partent de prithivichok à Pokhara (ce n’est pas sur maps mais le chauffeur du bus ou taxis connaîtra).

🚕 Taxis sur Pokhara : mieux vaut s’éloigner de la station de bus des touristes. La course est à 300R environ du centre ville à une station de bus.

🚌 Il y a un bus qui passe dans le centre ville, 25R/p, il faut le héler et ne pas être trop pressé, le contrôleur vous aiguillera gentiment.

🚌 Pokhara – Syauli Bazar (direction Ghandruk) : bus partant de la station Baglung, 3H de trajet sportif, nous avons payé 400R/p, nous pensons qu’il y a des bus toutes les 1H ou 2H


🥾 Nous avons louer nos doudounes chez « Yak N Yeti Outdoor Gear », 150R/jour, prix fixe dans toutes les boutiques, il y a du choix.
Pour le reste du matériel, les magasins de Pokhara se valent tous, il faut négocier. Il y a du The North Face partout, marque très chère en France, ils ne nous cachent pas que ce sont des contrefaçons (The North Fake).

👜 Il vous faudra un bon duvet (le notre allait jusqu’à -9°C), mieux vaut s’équiper avant pour être certain de la qualité. De même pour les chaussures de randonnée. Un tapis de sol et un oreiller sont inutiles en basse saison, les lits sont confortables. Il y a de l’électricité dans tous les refuges, charge payante en haute saison, prenez une batterie externe au cas où. Nous vous recommandons un filtre à eau, sinon ils vendent de l’eau au litre en bonbonne, si elle n’est pas gelée !

💰 Il n’y a pas de distributeurs dans les villages de montagne, comptez 15 à 20€/p/j en étant large.

💊Renseignez vous bien sur le mal des montagnes, il touche 1 randonneur sur 2 dès 3000m. En lisant des blogs, nous avons noté de nombreux malades et rapatriements en hélicoptère… Voici un topo ici.

Dernier trek de ce voyage…

Khopra nous a plu ! C’est un trek peu connu, donc peu fréquenté, offrant des paysages variés. Les étapes sont assez courtes, mais il y a du dénivelé. La difficulté pour nous était la présence de neige sur les étapes 3 et 4.

Il nous reste une bonne dizaine de jours au Népal, dans un nouvel article, nous vous ferons découvrir Bandipur, Chitwan et Katmandou.